«Tu te calmes, sinon t’es mort !»

sur le site de Libération

Six lycéens mineurs de l’établissement Paul-Bert à Paris ont passé neuf heures en garde à vue, avant-hier, «pour avoir déplacé des poubelles sur dix mètres de trottoir», selon les mères d’Antoine, 15 ans, et de Lucas, 17 ans, qui comptent porter plainte à l’inspection générale des services (IGS), la police des polices .

Enfermés. Lundi, à 9 heures, les six adolescents attrapent trois poubelles vertes plantées devant le lycée, afin, dit l’un d’eux, de «les mettre de côté au coin de la rue, avec dans l’idée de bloquer les portes à 14 heures», pour protester contre l’élection de Nicolas Sarkozy.

Quatre policiers de la brigade anticriminalité (BAC) les interpellent. Contrôle, fouille, menottes. D’après Antoine, la palpation s’avère violente au niveau des testicules, surtout pour un copain de 17 ans qui «a eu si mal» qu’il a «repoussé par réflexe» ce policier en civil et lancé : «Ne me touche pas !» Le fonctionnaire aurait rétorqué : «Tu te calmes, sinon t’es mort !» Les six ont été embarqués au commissariat du XIVe arrondissement, accrochés à un banc, puis enfermés en cellule. Dans une cage «dégueulasse, avec de la pisse par terre, des matelas très sales et une crotte séchée par terre avec une paille plantée dedans», décrit Antoine, écoeuré, qui n’a pas pu avaler les raviolis du déjeuner à cause de «la mauvaise odeur». Motif officiel de la garde à vue : «Tentative de destruction de biens publics en réunion.» L’un des policiers a en effet avancé que les lycéens «voulaient mettre le feu aux poubelles» de la ville, considérées comme des biens publics. Les interrogatoires des mineurs ont été centrés sur ce point.

Le fait que l’un des six porte une capuche et un autre une écharpe «à cause du froid à 9 heures du matin» a laissé penser à ces policiers ­ selon la préfecture de police ­ qu’ils «avaient l’intention de faire une connerie». Nul autre témoin ou élément matériel n’ayant corroboré la suspicion d’un seul fonctionnaire, l’affaire a été classée. Et les adolescents relâchés à 19 heures. N’empêche, ces six jeunes ont subi neuf heures de garde à vue «pour rien», selon eux, avec prélèvement d’empreintes digitales et photographies anthropométriques, «comme dans les films», dit Antoine. Il ajoute : «Le policier qui a pris les photos et les empreintes nous a dit : « Vous aurez un casier judiciaire. » Et là, j’ai flippé d’être renvoyé du lycée, d’être déscolarisé. J’ai eu peur aussi de ne pas pouvoir faire certains métiers plus tard si j’avais un casier judiciaire.»

«Haine». En classe de seconde économique et sociale (SES), le matheux Antoine veut passer un BTS audiovisuel. Sa mère, artiste peintre, redoute que «ces jeunes tout frais qui font des études et du skate finissent par mal tourner si on les provoque, si on les humilie, si la police les traite mal, car ça fait monter la tension. A la sortie du commissariat, ils avaient la haine. Du coup, ils ont fait un tour place de la Bastille le soir même pour, ont-ils dit, « regarder la violence »».

 

Articles récents

Politis crée l ’Observatoire du 6 mai

sur le site de Politis

Huit personnalités reconnues pour leur compétence et leur engagement citoyen interviendront chaque fois qu’il sera nécessaire d’alerter sur un péril démocratique.

 

 

Thatcher, Reagan, Berlusconi, Aznar… Le moins que l’on puisse dire est que Nicolas Sarkozy ne manque pas de références idéologiques. Tous ont en commun d’avoir été des chefs d’État ou de gouvernement de combat. Un combat destiné à briser la moindre résistance sociale. L’offensive va généralement de pair avec des atteintes aux libertés, une régression culturelle et une vision rétrograde du monde. Sur ce dernier point, les sorties du futur président sur la prédestination génétique sont édifiantes.

C’est dans ce contexte que Politis a proposé à huit personnalités de se constituer en « Observatoire du 6 mai ». Il s’agira pour elles, avec leur compétence et leurs connaissances, leur grille d’analyse, de déceler rapidement les périls sociaux, démocratiques et environnementaux que peut annoncer une déclaration ou un projet. C’est un système d’alerte que nous voulons mettre en place.

Chaque fois qu’ils le souhaiteront, les membres de cet Observatoire pourront intervenir dans les colonnes de Politis ou sur le site du journal pour informer l’opinion de ce qui se prépare. Il va sans dire que l’information peut aussi venir de nos lecteurs, via le site, et être transmise à l’Observatoire. Nous espérons ainsi créer un état de veille permanent à l’orée d’une période qui s’annonce difficile.

Voici le texte du communiqué publié le 7 mai :

L’hebdomadaire Politis a annoncé lundi la création de l’Observatoire du 6 mai comprenant huit personnalités reconnues pour leur compétence dans leur domaine d’activité et leur engagement citoyen.

Cet Observatoire, véritable système d’alerte démocratique, interviendra publiquement chaque fois que le nouveau président de la République, ou un membre de son futur gouvernement, envisagera, proposera ou annoncera une mesure susceptible de porter atteinte aux libertés ou à la dignité humaine, d’enfreindre l’esprit de justice, d’aggraver les inégalités sociales, ou les déséquilibres environnementaux.

L’Observatoire du 6 mai motivera ses « alertes » autant de fois que nécessaire dans les colonnes de Politis et sur le site du journal : www.politis.fr. La décision de mettre en place une telle instance traduit pour Politis une volonté de vigilance après certaines déclarations et attitudes du futur Président au cours de la campagne électorale.

Les huit membres de l’Observatoire du 6 mai sont :

Annick Coupé, syndicaliste, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires, Bernard Dréano, président du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (Cedetim), Éric Fassin, sociologue, enseignant à l’École normale supérieure, Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, Didier Ménard, président du Syndicat de la médecine générale, Dominique Rousseau, professeur de droit public à Montpellier-I, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature (2002-2006), Pierre Tartakowsky, vice-président de la Ligue des droits de l’homme, rédacteur en chef de la revue Hommes et Libertés, Jacques Testart, biologiste, directeur de recherches à l’Inserm.

La rédaction


pas de scoop

D’après les observateurs, Michel Sardou aurait levé le sourcil droit ce soir, vers 20h01. Nul mouvement labial n’a en revanche été détecté.

Le chanteur aurait repris son expression habituelle environ trois heures plus tard, en découvrant le concert de la place de la Concorde.

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